De l’action à l’impact : trois ans d'engagement pour une Génération Sans Tabac 2040
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À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac le 31 mai, la Fondation Cancer dresse le bilan des trois premières années de mobilisation autour de la stratégie Génération Sans Tabac 2040 au Luxembourg. Pour marquer cette étape, une table ronde a été organisé le 3 juin qui a réuni plus de 70 représentants des communes, du secteur éducatif, des décideurs politiques et des institutions partenaires engagées dans la prévention du tabagisme.

3 ans de mobilisation en chiffres
Objectif 2040 : Moins de 5 % de fumeurs dans la population luxembourgeoise
Ambition : Permettre aux jeunes de grandir dans un environnement sans tabac
37 partenaires
20 Commune Sans Tabac labellisées bronze et 1 Commune Sans Tabac labellisée argent représentant près de 224 000 habitants
13 Clubs de Sport Sans Tabac
Plus de 50 personnes formées au TabaCoffret
Campagne d’information sur écran digital chez plus de 225 professionnels de santé
Les intervenants à la table ronde intitulée De l’action à l’impact : vers une Génération Sans Tabac étaient : Tilly Metz, Vice-présidente de la commission de la santé publique du Parlement européen, Françoise Kemp, Présidente de la Commission de la Santé et de la Sécurité sociale de la Chambre des députés, Dr Jean-Claude Schmit, Directeur de la Direction de la santé au Ministère de la Santé et de la Sécurité sociale, Dr Anne-Marie Ruppert, Pneumologue aux Hôpitaux Robert Schuman, ainsi que Carlo Feiereisen, Bourgmestre de la Commune de Schifflange.
Les défis discutés lors de la table ronde
Les échanges ont porté sur l’acceptabilité des mesures de santé publique, l’accompagnement au sevrage tabagique, la formation des professionnels de santé, ainsi que les leviers politiques et fiscaux nécessaires pour réduire durablement le tabagisme.
Interrogé sur l’équilibre entre santé publique et acceptabilité sociale lors de la mise en place d’espaces sans tabac, le bourgmestre Carlo Feiereisen a souligné que ces initiatives sont généralement très bien accueillies par la population. Selon ses expériences : « Bei eisen Eventer ouni Tubak ass de Contraire geschitt: D’Leit komme lo vill léiwer, well si net dem Passivfëmmen ausgesat sinn. Et gëtt relativ gutt respektéiert, virun allem do, wou Eltere mat hire Kanner stinn. Bei Sporteventer ass et méi schwéier, zum Beispill um Fussballterrain, wou Erwuessener mat der Zigarett ronderëm de Fussballterrain stinn. »
Dr Anne-Marie Ruppert a rappelé que de nombreuses personnes souhaitant arrêter de fumer rencontrent encore des difficultés pour accéder à un accompagnement adapté. Elle a également plaidé pour le développement d’une formation en tabacologie : « Ech dreemen dass eng Formatioun komme wäert fir Tabacologie zu Lëtzebuerg, och dass d’Paramédicaux implizéiert ginn an dann och kënne verschreiwen. » Dr Jean-Claude Schmit a, quant à lui, mis l’accent sur les leviers politiques et organisationnels nécessaires pour améliorer l’efficacité du programme national de sevrage tabagique. Il a notamment souligné l’importance de simplifier les démarches pour les fumeurs souhaitant arrêter et de rembourser les médicaments de sevrage afin de les rendre plus accessibles. Il a également insisté sur l’importance d’un soutien politique pour concrétiser les améliorations proposées : « Ech hoffen dass lo d’volonté politique do ass fir dat dann weider ze dreiwen. »
Cette question de la volonté politique a également été abordée par Françoise Kemp. Interrogée sur les raisons qui rendent encore difficiles l’adoption de mesures plus ambitieuses malgré le soutien de la population pour une Génération Sans Tabac, elle a rappelé que les progrès en matière de santé publique reposent sur un travail de dialogue et de concertation : « Et kann een dat net vun haut op muer maachen; et muss een d’Leit mathuelen. Et gëtt mat klenge Schrëtt an déi richteg Richtung geschafft. »
Lors de la table ronde, Tilly Metz a alerté sur l’influence grandissante de l’industrie du tabac au sein des institutions européennes : « Wat mir ganz kloer op europäeschem Niveau generell feststellen, dat ass datt de Lobbyismus seit den Europawahlen 2024 an alle Beräicher, mee besonnesch am Tubakberäich, immens an d’Luucht gaang ass. Dofir ass et wichteg, dass mir eis un den Artikel 5.3 vun der Kader Konventioun vun der WHO haalen, déi Europa an och sämtlech Länner ënnerschriwwen a ratifizéiert hunn. » La députée européenne a rappelé que le Luxembourg a également ratifié la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. Son article 5.3 prévoit que les politiques de santé publique doivent être protégées des intérêts commerciaux et autres intérêts particuliers de l’industrie du tabac, afin de garantir l’indépendance des décisions prises en matière de santé.
Maintenir la dynamique collective
À travers la stratégie nationale, Génération Sans Tabac 2040 poursuit une ambition claire : permettre aux jeunes de grandir dans un environnement où le tabac et la nicotine ne constituent plus la norme.
« Les résultats de ces trois premières années montrent qu’une mobilisation collective peut réellement faire évoluer les normes autour du tabac. Pour atteindre une Génération Sans Tabac 2040, nous devons maintenant poursuivre cet engagement ensemble, avec ambition et détermination. » Margot Heirendt - Directrice de la Fondation Cancer
La Fondation Cancer appelle l’ensemble des acteurs politiques, institutionnels, éducatifs et locaux à poursuivre cette dynamique afin de construire durablement une Génération Sans Tabac au Luxembourg.
Contact presse Fondation Cancer
Margot Heirendt
T 45 30 33 1



